Oumou, la bonne trop bonne (onzième partie) 3


Oumou, comme une fille du trottoir s’exécuta. Le match sans arbitre commença aussitôt. Les caresses, bouche-à-bouche autres que ceux qui réaniment, gémissements et acrobaties prirent place. Le lit commençait à tanguer comme un bateau à la mer. Un véritable duel semblable à une finale de coupe du monde se jouait entre les quatre murs de l’hôtel. S’il avait de l’expérience en la matière, la fille aussi. Elle savait depuis toujours que le mari de sa patronne ne l’aimait pas même s’il le pretendait. Pour lui, elle n’était qu’un objet de désir. Une jeune fille avec laquelle il pouvait juste s’amuser, prendre son pied. Oumou ne s’en plaignait pas dans la mesure où Daouda était aussi une source de revenus pour elle. C’était du « donnant donnant » entre eux. Cependant, l’amour véritable qui était étrangère dans cette relation, avait commencé à naître car l’intimité prenait un dessus considérable. Daouda voulait juste continuer le « donnant donnant » pendant que Oumou voulait autre chose que des parties de jambes en l’air pour des billets en retour. Vous comprenez maintenant pourquoi elle était devenue désagréable à la maison… C’était de la faute de Daouda. S’il n’avait jamais été tenté par le bobara d’Oumou, elle ne se serait jamais permise de manquer de respect à Awa. C’était lui le fautif dans cette affaire. Oumou aussi ne pouvait pas sortir avec le père et le fils en même temps, c’est pourquoi le chat noir d’Alino avait échoué. De plus, il n’était qu’un pauvre étudiant Ali. Que pouvait-il bien lui donner à part du bangalatage? Son père lui, en plus du bangalatage donnait du fric. Oumou qui n’était pas venue à Bamako pour contempler le bitume a donc vite fait un choix, sans calculer. Awa était libre de renvoyer Oumou car lui Daouda, dans les normes, n’avait pas son mot à dire dans tout ce qui concerne le ménage. Elle l’en avait avisé juste par respect qu’une femme doit à son Mari. Monsieur, pour faire perdurer sa bêtise, avait essayé de donner une leçon d’humilité à sa femme. Awa avait pris son mal en patience. Elle n’avait plus rien dit et voilà que l’inconscient continuait à sortir avec Oumou. Il croyait que la fille de ménage ne voulait que de l’argent. Au départ oui, elle ne pensait qu’à cela mais le temps était passé et nous étions très loin de l’époque où Oumou ne comprenait rien. Ce n’était plus la Oumou, villageoise aux yeux fermés. Plus du tout. C’était la Bamakoise, celle là que lui même avait rendu citadine avec tout ce que cela impliquait. Quand Daouda l’avait mis en garde tout à l’heure concernant Awa, elle n’avait fait que rigoler au fond. Qu’est-ce qu’il croyait? Qu’elle avait peur de lui! Mais non, c’était fini la peur! Si seulement il savait qu’il se foutait le doigt dans l’oeil. Oumou avait appris à le connaître et savait qu’il était incapable de faire du mal, même à une mouche. Après plusieurs tirs bien cadrés de Daouda alias Ronaldo face au gardien Oumou alias Fabien Barthez, le derbi prit fin. Le match s’acheva sur un score nul de zéro partout. Daouda, après s’être rhabillé était étonné de voir que Oumou était toujours couchée comme si elle ne voulait pas rentrer. Il alluma une autre cigarette.

-Lève toi, Qu’est-ce que tu attends?

– Je dois te parler aussi.

-Me parler de quoi? Tu as besoin de combien? demanda Daouda.

-Je n’ai pas besoin d’argent, répondit Oumou.
Cette réponse l’étonna. Si elle n’avait pas besoin d’argent, de quoi pouvait elle bien vouloir parler.
Dao prît place en disant
-Ok, parle je t’écoute et fais vite

Oumou, sans tourner autour du pot, le regarda droit dans les yeux en l’apprenant sa bonne nouvelle à elle qui sera surement une mauvaise pour lui.

-Je suis enceinte

À suivre…


issbill

A propos issbill

Appelle moi Iss Bill le Blacknegronoir. Auteur-compositeur-interprète malien, passionné de musique et de lettres depuis le bas âge, j’ai fini par me mettre au rap, à cause de son lien étroit avec la poésie, que j’adore aussi. Écriture & musique : voici en deux mots toute ma vie.


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3 commentaires sur “Oumou, la bonne trop bonne (onzième partie)