Oumou la bonne trop bonne (quatrième partie) 1


 Vous connaissez le chat noir j’espère? On ne parle pas de l’animal…Non! C’est Ali lui même qui sera le félin ici. Il sera un chat. Un chat, pas blanc, mais noir. Un gros chat noir, une panthère. Noir comme du charbon, noir comme le gouffre. Attention! Cela ne signifie pas qu’Ali se métamorphosera en chat. Pas du tout. Ça veut dire tout simplement que tout comme le chat noir qui est invisible dans l’obscurité, Ali essayera de pénétrer dans la chambre d’Oumou de façon subtile pendant qu’elle sera en train de dormir, sans que quelqu’un ne l’aperçoive, pour ensuite bien la bangalater, la bangalater et la bangalater encore…  Il avait entendu dire que c’était une bonne stratégie pour  niquer les bonnes, le chat black. Cependant, bien que décidé à le faire, fallait en discuter quand même avec son meilleur pote Oumar pour mieux préparer le forfait car il avait aussi appris que lorsque le coup n’était pas bien préparé, on peut facilement devenir un chat bleu. Alino avait aussitôt appélé son pote dans la journée. Oumar, champion dans le domaine, l’avait rassuré que son idée n’était pas mal.

– Ne t’inquiète pas frangin, le chat noir, c’est nickel, très efficace, tu verra, avait- il dit.

-Ah bon! Je te crois de toutes les façons mon gars. Mais dis moi, si par malheur elle se réveil et crie, je fais comment? demanda Ali.

–  Elle ne va pas crier. Attend, tu penses qu’elle n’aimera pas? Tu es dingue ou quoi? Elle va kiffer mon frère. Dès que tu seras dans sa chambre, ne passe pas par quatre chemin. Fonce direct sur elle. Le malin se fera bien sûr, comme le font toutes les meufs d’ailleurs, mais elle finira par se laisser faire.

-Tu es sûr?

– Bien sûr. À 100% Alino! Je l’ai déjà fait, et là je te le dis en tant qu’expert en la matière frangin. je ne suis pas en train de te parler tout simplement parce que j’ai une bouche putain! Je te parle de ce que je sais, de ce que j’ai fait. Mais n’oublie pas: « Fôrôkia » sans culotte en dessous et paf, le tour est joué.

– Oui, il est ok. Je l’ai même repassé le fôrôkia, je l’ai parfumé. Ce soir, c’est décidé, je la niquerai mon frère. Avait promit Ali.

– C’est bien, c’est bien frangin! Quand tu « portes tes couilles » comme ça, j’adore.

Ce fameux soir était arrivé, et jusque là, Ali n’avait niqué personne. Après que ses parents soient rentrés se coucher, il avait commencé des va-et- vient aux allures de Voleur, vêtu de son fôrôkia suspect dans le couloir voisin de la chambre où logeait Oumou. Il allait et revenait comme un sotrama de la ligne « Raïda-Badianbougou ». La porte de la chambre d’Oumou n’était pas fermée. La panthère continuait ses aller et retours, s’arrêtait des fois, regardait à gauche puis à droite pour ensuite jeter un coup d’œil dans la chambre de la fille de ménage. Elle était sombre car Oumou avait éteint la lumière. Ali était de plus en plus chaud comme de la braise. Son gars là était encore au garde à vous comme toujours. Il semblait dire à Ali entre, vas-y et ce dernier semblait lui répondre ainsi: -attend un peu. -Entre, je te dis. Attend un peu, je dis. Entre…Attend. Ali finalement se résolut à écouter son patron qui était son intraitable bangala et décida de rentrer. Il fit comme son pote l’avait conseillé et se retrouva en un temps record dans la chambre. Le Chat noir savait ou le lit se situait malgré la forte obscurité qui régnait dans la pièce. Il s’aida de la lampe de son téléphone pour avoir un peu de lumière afin de mieux opérer. En une dizaine de seconde, monsieur était à côté d’Oumou qui était étendue sur le lit dans une position alléchante, dangereusement dangereuse, qui offrait un spectacle très très « bobaratique » au yeux d’Ali. Son bangala prit encore position comme s’il était à la guerre. On pourrait d’ailleurs appeler ça sa guerre à lui non! Il regarda et regarda encore le derrière puis voulu s’assoir quand soudain…

-Ali, que viens tu chercher ici… Hein, que veux tu?

Drap! C’était Oumou qui avait parlé. Contrairement à ce que croyait le jeune homme, elle ne dormait donc pas…

À suivre…

Explication des mots en gras

Fôrôkia : Cf partie précédente

Ligne Raida-Badianbougou: Raïda est un centre de commerce et de transport situé dans la commune 2 de bamako. Bandianbougou est une localité de la commune 1. La ligne Raïda-bandianbougou est donc cette ligne de transport qui relie ces deux localités 

Bobaratique: Relatif au bobara. Cf, partie précedente.

Drap: interjection dans le langage de rue ivoirien pour dire « humiliation! » un peu comme « oh putain! »


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