Oumou, la bonne trop bonne (troisième partie) 3


Les deux artistes se défiaient nuit et jour. Un véritable combat était né entre Le Bobara toujours aussi provocateur d’Oumou et le Bangala constamment au garde à vous d’Ali.

Le jeune homme n’en pouvait plus. Pendant que sa tête faisait des efforts pour négliger la bonne, son bangala, lui, ne voulait rien savoir, ne négociait pas. Il continuait à se lever toutes les fois qu’Oumou passait. Tout le temps, monsieur se levait et et se levait encore. C’était un passe temps pour lui, le soulèvement du caleçon de son propriétaire Ali. On dirait qu’il était payé pour ça. Le pauvre Ali n’était plus maître de lui-même. Le chef, celui qui commandait, c’était son bangala. Il ne pouvait plus réfléchir, sinon réfléchissait par le bangala. Ne pouvant plus étudier, encore moins dormir, Ali en souffrait véritablement car il était devenu une sorte de marionnette, guidée par ce voyou logé entre ces jambes, et qui voulait montrer à Oumou que C’était lui qui porte la culotte même s’il savait que C’était plutôt sur lui qu’on la portait .

Le jeune homme avait du mal à cacher son désir. La fille de ménage n’était pas aveugle. Tout se lisait. Elle ne disait rien mais le voyait venir. Si Ali ne la retrouvait pas dans la cuisine pour lui parler de vouloir manger, même lorsqu’il n’avait pas faim, c’était à la porte de sa chambre qu’il allait frapper pour demander après ceci ou cela. Les manières semblables à ceux d’un loup rôdant aux abords de la bergerie ou encore d’un chat qui ne pouvait plus rester tranquille parce qu’il avait repéré un bol de lait. Beaucoup de stratégies pour juste l’approcher car il mourait d’envie de la prendre dans ses bras. Ali n’avait pas du tout peur de lui parler même si cela semblait être le cas.

– Non, bien sûr que j’ai pas peur, se disait-il à lui même pour s’encourager.

Trembler devant Oumou, le grand Ali! Quel idée? Il avait déjà un palmarès lui. Sur plus d’une vingtaine de meufs habitant le secteur, il s’était déjà tapé plus d’une douzaine. C’était un garçon, que croyez vous? Rokia, Lisa, Penda, Korotoum, Fatim, Adjaratou, Koumba, Bintou, Maimouna, Abiba, Assita, Sanata, Aminata, Tata, Chantal, Doussou… pour ne citer que celles- ci parmi celles qui sont déjà passées à la casserole. Enfin… d’après les dires d’Ali lui même hein, c’est important de le préciser. À chaque fois, c’était lui qui disait avoir déjà couché avec telle ou telle fille. Toujours lui. À l’écouter on croirait qu’il serait le seul à posséder un bangala dans le quartier. Ali se foutait de la gueule des gens quand même hein! Ou bien il pensait que le bangala des autres ne servait à rien d’autre que pisser? En tout cas, la liste de meufs qu’il prétendait avoir emballées était longue, très longue. Un jour, il avait dit à ses potes que c’était pas du hasard, le fait qu’il porte le nom Ali tout comme le légendaire boxeur Mohamed. Si ce dernier vole comme un papillon et pique comme une abeille, lui qui est son homonyme colle comme un chanteur camerounais et nique comme personne. Dire alors à une « bonniche » qu’il voulait sortir avec elle, c’était rien. Rien du tout. Qu’est-ce qui le retenait donc? Ali tournait tellement autour du pot qu’il y avait de quoi douter de la véracité de ses prétendues conquêtes. En vérité, Ali était un peureux. Il parlait plus qu’il ne faisait. Oumou en tout cas, ne devait pas l’échapper, se disait-il. Comment procéder alors? Il était en pleine réflexion quand son regard s’est porté par hasard vers son porte manteau. Ali eût un déclic. Une idée lui vint soudain à la tête. Vous savez ce qu’il avait vu, et qui sera son arme? Son Fôrôkia.. L’idée d’Ali était de faire un « chat noir » à Oumou.

À suivre…

Explication des mots en gras

Fôrôkia : Boubou

Chat noir : Rendez-vous à la prochaine partie pour le connaitre, le chat noir


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