L’histoire du bangala qui avait disparu 11


Nous étions, il y a quelques mois de cela à Djenné, dans le cadre d’un festival. Avec mon groupe, j’ai passé un excellent séjour, marqué par la découverte de cette ville qui ne laisse personne indifférent pour son originalité. Il ne faudrait pas se contenter d’entendre parler de Djenné, il faut s’y rendre, car elle est tout simplement ma-gni-fi-que.

Il n’y a pas que l’architecture de la ville que j’ai gardé en mémoire. En plus d’elle, j’ai été aussi marqué par l’histoire du fameux bangala qui avait disparu.

Ah oui… Un ban-ga-la avait dis-pa-ru . Peut être incroyable, cette histoire, mais vraie, selon celui qui nous l’a contée En tout cas, avec la tête qu’il faisait en parlant, elle est à prendre au sérieux, cette histoire. A chaque fois que je pense à Djenné, elle me revient en tête un peu comme une hantise. Finalement, j’ai jugé pas mal de lui consacrer à lui seul, un petit billet.

J’en vois qui s’indignent: Un billet pour un bangala! C’est abusé là!

Non, pas du tout! Pourquoi pas? Il est quand même spécial, un bangala qui se perd! Ne soyons pas jaloux. Lui au moins s’est perdu. Vous qui trouver qu’il n’est pas spécial avec sa belle triste histoire, que le votre se perde d’abord, ne serait-ce qu’une fois. Juste une fois, après on en reparle.

Bien avant, j’espère qu’on connait tous le Bangala. Ou bien je dois l’expliquer?

D’accord. Comment je procède? Bon, ok, je vais essayer de le personnifié parce qu’il est très important: Le Bangala, c’est ce gars là. Ce patron situé quelque part là bas, entre les jambes, avec sa tête de champion, qui aime se lever quand on se lève le matin. Vous ne comprenez toujours pas? Suis-je obligé de dire son nom français? Oh non! Bon d’accord, d’accord, pas grave, je vais le dire. Le blanc l’appelle, appareil génital masculin. Je sais que vous comprenez maintenant. Ce nom est super, j’avoue, mais moi, je ne suis pas blanc. Je préfère donc Ban-ga-la. C’est plus lourd, dur et imposant que appareil génital masculin qui lorsqu’il est prononcé, sonne trop doux à mes oreilles comme si, c’était un truc de meuf.

Donc je disais qu’un fameux bangala avait disparu à djenné, nous a raconté un habitant pour nous mettre en garde durant notre séjour, afin que nous fassions gaffe, dans le cas où, certains parmi nous, étaient tentés par les belles filles peuls qui s’intéressaient beaucoup à notre bande, depuis qu’elles savaient que nous venions de Bamako.

Laissons à travers ma plume, l’homme lui même, nous raconter l’histoire.

« Je vous demande de faire très attention. Et surtout, éviter les filles d’ici. Prenez vos distance au risque de perdre vos bangala. Vous savez que vous n’êtes rien sans lui! Vous ôter le bangala, c’est un peu comme vous ôter la vie. Oui mes petits, la vie c’est le bangala. Faites attention, je le répète encore, car il peut disparaître ici, et c’est une réalité.
-Ha bon! avons-nous crié en cœur.
Oui bien-sûr, reprit l’homme, avant de commencer à nous raconter l’histoire d’une victime du debangalatage…

J’avais un ami du nom de Seydou qui venait de Bamako. Seydou, je le connais depuis toujours, est un grand coureur de jupon. Et malgré ma mise en garde, l’imbécile d’ami s’éprit d’amour pour une jeune fille. J’ai fais tout mon possible pour l’empêcher de sortir avec elle car je craignais pour lui. Le bandit, ne m’a pas écouté. Des témoignages de bangala perdu, j’en avais déjà mainte fois entendu et on pouvait sortir avec certaines meufs sans le perdre mais, avec d’autres, on le perdait. Et puisqu’on ne pouvait pas savoir à quel genre de fille on avait affaire, par prudence, on devait s’abstenir de tout Bangalatage jusqu’à ce que l’on quitte Djenné. Seydou en avait pour un mois. En deux semaines il avait déjà emballé la demoiselle. La troisième semaine, sera celle de tous ses malheurs. Un soir, je suis rentré à la maison, pendant que la petite amie de Seydou rentrait chez elle. Après salutation, elle s’éloigna pendant que mon pote sautait de joie pour me signaler qu’il venait de la bangalater. J’avais d’autres chats à fouetter que de rester là, à supporter ses bêtises de gigolo. J’étais ensuite assis dans le salon, lorsqu’il est venu se jeter devant moi, criant par-ci par-là, car il venait de constater que son bangala avait disparu. Bien que ce soit difficile de calmer quelqu’un debangalaté, j’ai réussi à le mettre en confiance et lui promettre que tout allait s’arranger. La fille aussi, de son côté, avait eu de sérieux problèmes avec sa famille, qui avait sue, on ne sait comment, qu’elle s’était faite bangalatée par un bangalateur. On avait pas le choix. Il a fallut avec l’aide de quelques vieilles personnes de l’entourage, confession et beaucoup d’implorations chez les parents de cette dernière pour que le bangala revienne. Un nouveau, se pointa le même soir. C’était plus un vrai bangala, on peut donc l’appeler si vous le voulez, appareil génital. Il avait perdu toute sa vigueur du passé car se levait désormais seulement un matin sur sept et était incapable de bien bangalater comme avant »

On écoutait attentivement avec beaucoup de désolation, l’histoire du pauvre bangala qui avait disparu

(Après cette histoire, j’ai compris que c’est important de savoir se tenir des fois en terres étrangères)

Bangala: Cf texte

Debangalatage: Action de debangalater

Bangalatage: Action de bangalater

Bangalater : Verbe relatif au bangala, pour dire « faire l’amour »

Debangalater: Perdre son Bangala

Bangalateur : Celui qui bangalate en parlant de l’homme

 


issbill

A propos de issbill

Appelle moi Iss Bill le Blacknegronoir. Auteur-compositeur-interprète malien, passionné de musique et de lettres depuis le bas âge, j’ai fini par me mettre au rap, à cause de son lien étroit avec la poésie, que j’adore aussi. Écriture & musique : voici en deux mots toute ma vie.


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