Côte d’Ivoire : manifestation rime-t-elle avec pillage ?


Ce qui se passe en Côte d’Ivoire ces deniers jours ne pouvait en aucun cas me laisser indifférent. En effet, mon lien avec ce pays est d’autant plus fort qu’il a fallu que je bondisse sur mon clavier pour apporter ma petite part de réflexion sur le problème.

Je l’ai quitté juste un an après la première investiture du président ADO. Je ne peux donc pas vraiment me prononcer sur cette histoire de cherté de la vie dont on parle, car je ne l’ai pas vécu. En revanche, à chaque fois que je téléphone en Côte d’Ivoire (vu que j’ai ma famille là-bas), j’entends la même chose. Je dis bien: A CHAQUE FOIS. Les parents comme les amis, tout le monde me raconte à quel point la vie en Côte d’Ivoire est devenue difficile. Les gens pleurent, les estomacs crient famine et les Ivoiriens qui arrivent à manger trois fois par jour se comptent sur les doigts d’une main. Bizarre… Comment quelqu’un qui avait pour slogan « La solution », peut-il tout d’un coup devenir le problème ? Un véritable paradoxe non ? Peut être qu’il n’y a tout simplement pas de solution sans problème tout comme il n’y a pas de problème sans solution😀

Les manifestants face aux forces de l'ordre à Daloa. Image, imatin net

Les manifestants face aux forces de l’ordre à Daloa. Image, imatin.net

Certes, le président ADO est à féliciter pour tous les chantiers de construction qui pleuvent partout sur le territoire ivoirien. Mais, d’après les Ivoiriens eux-mêmes :

« Est-ce que c’est ça on mange ?« 

Les Ivoiriens se sont finalement dit que le silence pouvait les conduire au cimetière. La C.I.E. (Compagnie Ivoirienne d’Electricité) est la principale accusée. La population trouve que le coup de leur facture s’élève un peu trop. Ce dernier motif sera celui qui conduira à la dérive.

A partir du 19 juillet, une tempête d’indignation avait alors frappé les villes de Yamoussoukro et Daloa ensuite, pour se répandre après dans d’autres grandes villes comme Korhogo, Tiassalé en passant par Grand Bassam… Ce vendredi 22 juillet, c’est la ville de Bouaké qui, à son tour, n’a pas échappé aux manifestations.

Quelles manifestations ?

La question restera posée ? Non non non, nous allons y répondre.

Si certaines personnes avaient juste envie de crier leur ras-le-bol afin que le gouvernement se penche sur le problème de « Vie difficile », d’autres, comme toujours, nourrissaient de sales desseins parmi les manifestants. À Bouaké ce vendredi, ces partisans de la bêtise ont pillé les biens publics et privés. Des banques, le commissariat, la maison du maire de Bouaké, la sous-préfecture, des magasins et beaucoup d’autres biens publics et privés ont été vandalisés.

La banque INSIA de Bouaké, saccagée et pillée. Image, imatin.net

La banque NSIA de Bouaké, saccagée. Image, imatin.net

Quoi de plus honteux ?

A-t-on besoin de saccager, voler, pour montrer qu’on est indigné ? Non, pas du tout. Manifestation ne rime pas avec pillage.


issbill

A propos de issbill

Appelle moi Iss Bill le Blacknegronoir. Auteur-compositeur-interprète malien, passionné de musique et de lettres depuis le bas âge, j’ai fini par me mettre au rap, à cause de son lien étroit avec la poésie, que j’adore aussi. Écriture & musique : voici en deux mots toute ma vie.

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