Renoncez à briquer un second mandat monsieur le président!


La logique voudrait, qu’après avoir dit deux mots aux chiens, on prenne la peine de parler aussi à l’os. Beaucoup ont lu de travers ma publication sur le meeting de Ras Bath à Ségou. J’ai montré la lune et comme malheureusement elle n’était pas pleine, ils m’ont dit: non, c’est plutôt une banane. Je ne pouvais finalement que me taire. Je ne peux pas m’éterniser à vouloir coûte que coûte montrer du rouge à un daltonien entêté qui me dit qu’il voit du vert au risque de finir par croire que c’est peut-être moi-même le daltonien. Votre manière d’aimer Ras Bath est extrémiste donc dangereuse. La considération que je lui porte ne doit pas m’empêcher de dire ce que je pense de sa manière de faire. C’est ma façon à moi de l’aimer aussi. Ce n’est pas moi qui ai écrit qu’il fallait de la modération en toute chose.

Ceci dit, un petit message à son excellence, monsieur le président de la république du Mali:

Monsieur le président, des sources ont révélé que ces jeunes gens qui ont essayé d’empêcher le meeting du CDR à Ségou (un meeting autorisé), ont été manipulés par des barons du RPM. Ce sont donc vos partisans qui ont utilisé ses jeunes, à des fins antirépublicaines, contre 2 000 Franc CFA payés à chacun d’eux. C’est scandaleux et indigne. Une enquête doit être menée immédiatement afin que ces ennemis de la paix répondent de leurs actes.

Monsieur le président, vous n’avez pas encore annoncé officiellement votre candidature à votre propre succession mais, ce n’est plus qu’un secret de polichinelle. Renoncez à cette envie de briguer un second mandat!

Sachez tout d’abord que vous le dire publiquement ne faisait point partie de mes intentions. Nullement monsieur! Un tête à tête en vous regardant droit dans les yeux, mais dans le respect le plus absolu bien évidemment aurait été idéal. En revanche, je ne suis pas dupe. Je sais que vous rencontrer c’est de la mer à boire. J’ai conscience de la forteresse qui vous entoure. Cette forteresse qui m’oblige à passer par mille et une procédures pour des formalités auxquelles je ne refuse pas de me soumettre mais comme le disent les Anglais, le temps c’est de l’argent. Et lorsqu’il est question de vous parler urgemment, lorsqu’il est question du Mali, autrement dire de l’intérêt général, les procédures longues et incertaines s’abandonnent tout simplement. Le moyen le plus court que j’ai trouvé est donc de vous parler ici, même si je ne suis pas certain à 100% que vous aurez l’occasion de me lire. « Ce qui compte, c’est d’avoir toujours quelque chose à attendre », disait Didier Van. J’attends et espère donc que ces mots, voyage après voyage vous parviendront. J’espère qu’un de ses quatre matins, cette lettre bravera la forteresse qui vous entoure, la pénétrera pour se poser sous vos rétines et que vous verrez écrit noir sur blanc que je vous demande modestement de ne pas briguer un second mandat. Votre honneur et celui du Mali en dépendent!

Je sais que certains, monsieur le président, en lisant ces lignes sans langue de bois, vous diront que l’objectif est de vous salir. Ils l’ont toujours dit de toutes les personnes qui ont pris la résolution de vous parler avec franchise. Ils diront que je fais partie des ennemis de la nation tout en ignorant que mon vote fait partie du flot de millions d’électeurs qui vous ont porté à la magistrature suprême en 2013. Oui monsieur le président, j’ai voté pour vous ! Je me suis cassé la voix en criant « votez IBK ! » moi aussi ! Parce que je voyais en vous l’homme de la situation. Cette situation très difficile que le Mali traverse depuis le coup d’État de 2012. Pourquoi ne devrais-je donc pas m’indigner si rien ne va aujourd’hui ? Mesurez-vous l’ampleur de la déception qui anime les millions de maliens qui vous ont défendu avec passion et conviction en 2013 sous le chaud soleil de la campagne électorale? La démocratie, au-delà d’une simple notion n’est-elle pas une réalité ? Voulez-vous que je prenne la posture de l’imposteur en vous disant « présentez-vous à nouveau », juste pour voir vos dents blanches et rigoler de côté avec les miennes couleur jaune pisse comme ces milliers d’hypocrites qui vous entourent? Pourquoi devrons-nous dire que le temps est beau quand la tempête sous un ciel assombri bat son plein? Voulez-vous que je mâche mes mots en travestissant ma plume? Bien évidemment que non! Je ne crois pas que vous soyez homme à m’encourager sur cette voie.

Votre bilan n’est pas fameux. Je ne dirais pas cependant que vous avez échoué. Chaque Malien vous remercie plutôt d’avoir essayé.

Méfiez-vous de tous ces vampires qui vous entourent. Ces imposteurs qui n’ont jamais été de vos amis et qui sont prêts à vous conduire sur n’importe quelle voie pourvu qu’ils s’en mettent plein les poches. Méfiez-vous d’eux monsieur! Ce sont des diables déguisés en messie.

Je vais m’abstenir de revenir sur les questions assez complexes qui ont fait pleuvoir tellement d’encre comme la question de l’avion présidentiel ou encore celle des 200 000 emplois. L’objectif ici n’est pas de vous attribuer, à vous seul, tous les maux du Mali. Je veux juste que vous appréhendiez la situation avec un troisième œil. Vous verrez combien cette décision de renoncer à un second mandat peut être bénéfique pour vous mais surtout pour cette nation si chère que nous avons tous en commun: le Mali.

J’espère que maman Aminata se joindra à la nuit pour vous porter conseil.

Que Dieu bénisse le Mali!

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