Esclavage en libye: Quoi de neuf? Rien!


Nous nous énervons, rougissons de colère, hurlons avec les loups en déversant notre rage dans les médias, lors des discussions en dehors et sur les réseaux sociaux. Esclavage! Des êtres humains, enfermés en cage puis vendus aux enchères comme des animaux! Pourquoi? En ces temps dits modernes! Nom de Dieu ! Quelle méchanceté! Au nom de qui, de quoi peut-on se permette de faire subir un tel sort à nos semblables? On ne sait pourquoi mais une chose est certaine: personne ne s’en remet… L’indignation est indescriptible et générale.

Bien que choqué, appréhendons cependant la situation avec un peu de retenu. Nous avons vu certains de nos dirigeants avec leurs larmes de crocodile : « Nous condamnons, nous condamnons, patati patata », comme toujours. Les grandes douleurs, disait le père de la nation ivoirienne, sont muettes. Lorsque l’indignation nous atteint réellement en plein cœur comme une balle, on n’a pas le temps de faire le pleureur public. Toute lamentation interminable cache un minimum d’hypocrisie. Et ce terme, hypocrite, est un autre synonyme de dirigeant Africain. Ce qui se passe en Libye est-il nouveau? Non ! Le problème est-il l’esclavage tout court ou la manière d’esclavagiser? La manière bien évidemment qui rappelle ce qui s’est passé lors du commerce triangulaire enseigné dans les cours d’histoire, m’ont répondu certains. Voici ce qui nous hante, nous dérange depuis : L’image de la cage, les chaînes, la vente de l’homme noir comme une marchandise. Sinon l’esclavage n’a jamais été aboli ou si vous le voulez, ne l’a été que sur papier tout comme les hommes après leur naissance n’ont jamais été libres et égaux en droit contrairement à ce qui est écrit noir sur blanc en début de la déclaration universelle des droits de l’homme. C’est une réalité. Et nous sommes témoins de plusieurs cas de méchanceté au jour le jour. Des esclaves qui jonchent les rues, nous en rencontrons quotidiennement, “en faisons partir”, s’il faut parler sincèrement. Sans rien dire, sans rien faire comme si l’esclavage, tant qu’il ne concerne pas la mise en cage et la vente de l’homme noir par l’homme blanc, par l’Arabe doit porter un autre nom, doit être toléré. Ce qui devrait gêner et être combattu pour de bon est l’esclavage tout court sous toutes ses formes (les ouvriers exploités et mal payés, la situation pitoyable des filles de ménage, l’injustice dans les rapports entre peuples et gouvernants…) et non seulement cette réadaptation du film de la traite Négrière qui se joue actuellement en Libye. Il n’y a pas de fumée sans feu, n’oubliez pas.

On aura beau traiter les maghrébins de racistes, un propre qu’on ne leur ôtera pas parce que le chien ne change jamais sa manière de s’assoir, insulter les institutions et qualifier d’incompétentes et insensibles les organisations comme l’ONU et ses sœurs, l’important serait avant tout de savoir que nous sommes les premiers coupables. Parce que le dirigeant africain, c’est-à-dire le synonyme d’hypocrite avec ses larmes de crocodile a toujours mis en œuvre toutes les conditions pour que cela arrive pendant que nous l’avons toujours regardé faire comme si la damnation était notre synonyme.


issbill

A propos de issbill

Appelle moi Iss Bill le Blacknegronoir. Auteur-compositeur-interprète malien, passionné de musique et de lettres depuis le bas âge, j’ai fini par me mettre au rap, à cause de son lien étroit avec la poésie, que j’adore aussi. Écriture & musique : voici en deux mots toute ma vie.

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