Oumou, la bonne trop bonne (septième partie) 1


Oumou sursauta.

– Oh non, Ali. Tu m’as fait peur.

-Désolé. J’ai pas dormi 

de toute la nuit, Oumou. Je t’attendais.Elle fronça les sourcils avant de demander:

– Tu m’attendais? pour quoi?

Le jeune homme lui expliquait qu’il voulait parler de beaucoup de choses, le tenant vraiment à cœur

Décidément il ne lâche pas l’affaire, celui là, se dit-elle au fond.

– Ok, on en parlera après. Pour l’heure, je dois dormir pour avoir un peu de force car je dois faire la lessive ce matin.

-Non, on en parle maintenant, répliqua Ali.

La surprise d’Oumou devînt grande. « On en parle maintenant » Ali l’avait dit comme si c’était une obligation. Qu’est-ce qu’il croyait enfin! Bien qu’elle n’apprécia pas cette réaction, le calme l’emporta sur son impulsion. Ali commença sans que Oumou lui donne la permission. Il l’expliquait que depuis le voyage de sa mère, elle avait adopté une attitude qui ne lui plaisait pas du tout.

– Tu ne peux pas continuer ces sorties intempestives. Tu sais très bien que c’est pas normal. Que dirait mon père ou ma mère s’ils savaient que tu passes toutes tes nuits ailleurs? As-tu pensé à leur réaction? Ce n’est pas la première fois que tu rentres à cette heure…

Il parlait sans s’arrêter. Oumou l’écoutait en le trouvant plutôt amusant. Elle ne voyait pas comment lui, Ali, pouvait se permettre d’essayer de lui faire la morale. Oubliait-il qu’il était mal placé? Oubliait-il cette nuit où il était rentré dans sa chambre sans avoir été invité? Elle trouvait le jeune homme vraiment impertinent mais l’avait compris. Ali faisait tout cela par ce qu’elle lui avait simplement dit non. Cela le rongeait, l’énervait ce refus de bangalater avec lui.

-Ali, laisse moi aller me coucher j’ai sommeil, lança t-elle finalement avant de rentrer dans sa chambre.

Il resta planter comme un poteau pendant une bonne trentaine de secondes avant de finalement regagner sa chambre, lui aussi.

Oumou continuait à sortir quand elle voulait. Elle avait finalement calmé Ali en lui faisant savoir que s’il ne lui collait pas la paix, elle raconterait tout l’épisode du chat noir à son père. Alino connaissait trop son daron pour laisser cette histoire effleurée son oreille. C’était un félin encore plus dangereux et sévère que le chat noir. Le pauvre, qui avait en fin de compte compris qu’elle ne blaguait pas, vue qu’elle l’avait plusieurs fois mis en garde, lui colla donc cette paix malgré lui.

Awa, la mère d’Ali était revenue de son voyage et rien ne changea dans la nouvelle attitude qu’Oumou avait adoptée. A la grande surprise de sa patronne, elle était devenue une autre personne. Effrontée, rebelle qui travaillait seulement quand elle le voulait, et prenait tout son temps pour s’exécuter quand on lui demandait de faire quelque chose. Elle pouvait faire la sieste pendant trois heures du temps et s’occupait plus de son corps que du ménage. Un soir, elle avait refusé de préparer sous prétexte qu’elle soit fatiguée.

-Je suis fatiguée Madame. Je le ferai après.

La  femme de Daouda n’en revenait pas. Oumou le lui avait dit sans gène « je suis fatigué » comme si elle avait ce droit. Oublie-t-elle que lorsqu’on est payé pour faire quelque chose, on devait le faire sans bavardage? Pour Awa, cette réaction de la fille de ménage n’était possible que dans un monde à l’envers. Oumou, pendant que sa patronne avait la main sur la bouche, toute étonnée, était sereinement allée se coucher pour une bonne heure de sieste.

À suivre…

 


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