Communiqué du collectif des Moutons après la fête de Tabaski.


Chers frères Moutons, j’ai mal. Très mal. Je suis très abattu et je sais que tout comme moi, vous ressentez la même désolation. Lundi passé encore, le sang a coulé. Le sang de nos semblables a arrosé la terre comme une pluie diluvienne. Cette hécatombe annuelle qu’ils appellent fête religieuse a encore frappé comme une foudre pendant la tempête.

Les humains, armés de couteaux aussi tranchants que la haine, ont transformé la terre en boucherie. Un véritable cauchemar pour nous ! Sans pitié, ils ont tranché les têtes de nos semblables pour les dépecer ensuite. Ils se sont régalés de leurs chaires comme si c’était de la délicieuse herbe. Rien n’a été épargné. Tout ! Ils ont tout bouffé, de la tête aux membres en passant par les testicules. Leurs marmites jusqu’à présent, sont pleines. Remplis encore des restes de nos pauvres défunts parents que nous n’oublierons jamais. À leurs âmes, nous souhaitons le plus paisible des repos. Pour eux, fini le broutage suivi du ruminement dans les belles verdures des prairies et le doux son des braillements.

Nous autres, qui avons échappé à cette terreur anti-caprine, ne pouvons que dans notre amertume mêlée à la colère, souhaiter à ces criminels, la diarrhée. Que leur ventre bourdonne constamment. Qu’ils pètent comme des ânes. Que leur derrière soit en feu au point qu’ils transforment leur toilette en dortoir.

Nous devons enfin avoir le courage de le dire aux humains : trop c’est trop! Honte à vous ! Honte à vous qui nous élevez dans le but de nous bouffer après. Pourquoi alors épargnez-vous ces moutons qui vous ressemblent tant pour ne sacrifier que les nôtres? Il y en a beaucoup à la tête de vos pays. Pourquoi les épargnez-vous ? Nous voulons savoir. Un mouton est-il différent d’un autre peu importe son apparence ? Nous ne le croyons pas. Un mouton reste un mouton même s’il s’habille en costume. Nous disons non à ce deux poids deux mesures que nous ne pouvons cautionner pour aucune cause que ce soit.

Fait à Moutoncity le 14/09/2016

Source: Porte parole du collectif des moutons domestiques

Vive les caprins!


issbill

A propos de issbill

Appelle moi Iss Bill le Blacknegronoir. Auteur-compositeur-interprète malien, passionné de musique et de lettres depuis le bas âge, j’ai fini par me mettre au rap, à cause de son lien étroit avec la poésie, que j’adore aussi. Écriture & musique : voici en deux mots toute ma vie.

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