Les dents stridentes du ramadan (première partie)


Bamako : Embouteillage sur l’axe terre-septième ciel

Pour cette première partie des dents stridentes du ramadan, parlons d’un phénomène qui mérite plus de bruit qu’on en fait (le fameux dernier coup).
Nous sommes à l’aube du mois de jeûne. Juste à un ou deux jours, vu que dans l’islam la date de son commencement dépend de l’apparition de la lune. Le grin ne se compose pas ce soir. Motif : tout le monde est à la chasse depuis la veille, samedi. Il faudrait ramener du gibier coûte que coûte. Voici la préoccupation des trois quarts des jeunes bamakois. Vous ne comprenez pas ? Bon voilà. Avant que vous ne croyez que nous sommes en train de parler de chasseurs avec des calibres douze en quête de biches ou de gazelles quelque part dans une forêt dense. Je vous explique : les chasseurs ici sont ces Libidineux, en quête de partie de jambe en l’air, pour clôturer disent-ils, tout ces mois de liberté libertinage qui précèdent le mois saint. Ces personnes qui pensent qu’un mois de chasteté c’est trop, comme s’il était interminable. C’est peut être incroyable mais faudrait voler au secours de la pauvre Bamako que la quasi-totalité des jeunes on tendance à transformer en un véritable trottoir à chaque fois que le mois saint s’annonce à l’horizon. Cette pratique n’est pas nouvelle. Chaque année c’est le même scénario. Celui de la bataille pour s’envoyer en l’air vaille que vaille avant les 72 heures qui précèdent le Ramadan. Des têtes à têtes très serrés afin d’attirer la proie ici, des coups de fils intenses par là. Va-et-vient interminable comme des chiens errants. C’est chaud partout. Personne, aucun jeune ne lâche l’affaire. Si Awa n’est pas là, on essaie d’emballer Adjaratou. Si cette dernière à son tour fait son intéressant, on se rabat sur Oumou. On ne l’aime pas mais on n’a pas le choix. On la trouve un peu pas à notre goût, moins belle, malpropre, tout le contraire d’Awa mais on se dit pour se soulager, qu’il faut se contenter du Kenkeliba quand on n’a pas le lait. L’heure n’est pas aux tris. Les minutes s’égrainent aussi vite que le chapelet de l’imam et faudrait se dépêcher car le dernier coup, c’est maintenant ou jamais après le ramadan (trop loin pour attendre). Si un ami nous dit qu’elle n’est pas le genre de meuf qu’il nous faut, ça répond sans gêne « qu’on n’a pas besoin d’eau propre pour éteindre son incendie » donc, “dernier coup“.

Beaucoup diront que ce ne sont que des mots, mais voici une réalité de notre société à l’approche de ce mois bénit. Les jeunes deviennent de véritables obsédés sexuels avec le cerveau dans le pantalon comme si l’appareil génital devrait prendre la place des neurones. Ça rode devant les demeures comme des hyènes. Objectif : avoir le fameux dernier coup avant d’entrer dans le mois saint comme si c’était impératif. Certains en font une priorité, ignorant carrément que c’est interdit pour un non marié en se disant qu’on ne le fait pas que pendant le Ramadan. Pour d’autres, qui par honnêteté avouent qu’ils savent que c’est défendu, c’est plutôt la faiblesse de la chair qui les emmène à le faire. Et s’ils ne peuvent pas s’en empêcher, au moins ils décident de respecter le Ramadan, donc avant qu’il ne soit là , sacré dernier coup!

Finalement on se demande si le plus important en cette période c’est de rechercher la concentration afin d’affronter cette épreuve qui constitue l’un des piliers de la religion musulmane, ou plutôt faire monter l’adrénaline? Tout le monde veut s’envoyer en l’air et sans ailes elles, c’est peine perdue. Décidément la fusée qui mène au septième ciel, sera bourrée ces dernières heures.

A suivre…

Ambiance à la veille du ramadan, image Xalimasn.com

Ambiance à la veille du ramadan, image Xalimasn.com

Rendez vous dans quelques jours, pour la deuxième partie des dents stridentes du ramadan 

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